• Raisons de mon anorexie

    Je vais essayer d'expliquer les raisons de mon ex-anorexie. Je ne peux pas en être sûre. Ce sont des hypothèses. Par ailleurs, je sais que le déclenchement de mon anorexie débute par la mort d'un de mes proches. Je sais aussi que je suis toujours retombée dans l'anorexie ou les problèmes de nourriture à la mort d'un être vivant que j'aimais (et que j'aime toujours). Je m'en voulais. Je me sentais toujours responsable. Je ressentais une profonde haine envers moi même.

    Je pense que j'étais anorexique pour les raisons suivantes :

    - Le désir de la perfection : Je ne pouvais pas atteindre cette perfection. Cette idée m'était insupportable. Je ne voulais pas être tout à fait humaine. Je détestais mon impuissance.

    - Le besoin d'exprimer ma souffrance. J'ai toujours été quelqu'un de très introvertie (à propos de mes sentiments). Je ne pouvais pas exprimer mes maux par des mots. J'ai donc choisie une autre forme d'expression corporelle : mon corps.
    Je ne devais pas parler des problèmes familiaux à mes amis ou à mon entourage. Ma décision : Ne rien dire sur moi si je me sentais obligée de mentir sur une partie de ma vie. Je ne pouvais pas dire la moitié de ma vérité. Tout ou rien. Choix : Rien.

    - Le tout ou rien. Le tout étant impossible. Je ne pouvais que choisir le rien. Le rien ne pouvait pas me décevoir. Enfin, c'est ce que je pensais en tout cas. Le problème c'est que finalement j'étais toujours trop vu que je ne pouvais pas atteindre ce « rien ». Je ne pouvais jamais être assez maigre vu que je souhaitais être « rien », Je ne voulais plus être un corps. Je voulais l'impossible. Je voulais l'absence de mon corps. Ce corps toujours trop pesant.

    - Le refus d'être heureuse : Je ne pouvais pas être heureuse dans ce monde si cruel. Je ne voulais pas ressentir de la joie alors que la famine, la guerre, les inégalités etc... étaient si présente dans ce monde. Je voulais faire passer un message à la société de consommation. Je refusais la société. (Slave To The Wage)

    - Le refus d'être heureuse à la suite de la mort des personnes de mon entourage. Je ne pouvais plus me permettre de ressentir un quelconque plaisir. J'aimais manger. Je ne le voulais plus.

    "La réalité est ce qui nous
    a été caché
    si longtemps
    la naissance le sexe la mort
    nous sommes vivants quand nous rions
    quand nous sentons le sang
    affluer et jaillir
    le sang est vrai dans sa rougeur
    l'arc-en-ciel est vrai dans
    son absence de sang" J.Morrison

    - Le besoin d'oublier ma vie qui devenait insurmontable. J'avais besoin de me créer un autre moi. J'avais besoin de créer mon propre monde pour ne pas me suicider. Le besoin d'exister d'une façon ou d'une autre.

    'Urgence d'en terminer avec le "dehors", en
    l'absorbant, l'intériorisant. Je ne sortirai pas,
    tu dois entrer jusqu'à moi. Jusqu'à mon jardin-matrice
    d'où je regarde. D'où je peux construire, à l'intérieur
    du crâne, un univers rival du réel." J.Morrison

    - Le refus de la féminité. Le refus de grandir. Le refus du désir et du regard de l'autre. De mon propre désir et de mes propres besoins. Refus de manger, de dormir, du contact avec les autres. La peur de l'après. C'était comme un défi : montrer que mon esprit pouvait être au-dessus de mes propres besoins. Mon esprit devait être plus fort que mon corps. Prouver ma volonté et le besoin de contrôler mon corps sûrement pour avoir l'impression de contrôler ma vie. La peur du contact. Trop angoissant. Trop insécurisant. Trop.

    - Une haine de soi. Physique mais aussi morale. Un grand manque de confiance en moi.

    - Le besoin de me faire du mal. Peut-être pour ressentir quelque chose. Je ne pouvais pas être heureuse mais j'avais besoin de ressentir mon corps d'une façon ou d'une autre (paradoxalement) En hiver, j'étais souvent en tee-shirt par exemple pour sentir l'air frais sur mon corps. Je ne voulais pas admettre que j'aimais ressentir quelque chose sur mon corps. ce corps que je ne voulais pas considérer comme faisant partie de moi. Je pouvais me le permettre car je perdais réellement du poids en même temps. J'aimais aussi sentir la pluie. J'étais la seule avec une amie à crier, chanter etc...sous la pluie au moment des récrés. Un état un peu extrême. Sûrement.

    - La place de la nourriture dans ma famille : La nourriture a toujours pris une place particulière dans ma famille. Manger « équilibrer » (à leur façon // que je ne considère pas du tout équilibré) était quelque chose d'extrêmement important. Les rôles étaient définis. Je n'avais pas le droit de manger ce que je voulais même si je donnais des raisons valables. Jamais justifiable pour eux en tout cas. J'avais vraiment l'impression de ne pas être écouté. De ne pas avoir droit à la parole. J'avais toujours aimé toute forme de nourriture avant de prendre conscience de certaines choses. Assez jeune. Je pensais sûrement + ou - inconsciemment que mes parents remarqueraient mon mal être si je ne mangeais plus ,et, enfin écouteraient mes propos. Je commençais à ressentir un profond dégoût de la nourriture. Je sais que je disais à mes parents que je ne voulais pas manger d'animaux. Depuis très jeune, j'avais compris le mal derrière tout ça. Malheureusement, ils refusaient de m'écouter. « ce ne sont que des histoires, ça passera avec le temps. Tu feras des choix quand tu grandiras ». Je n'avais pas le droit d'être moi.

    - Je me rappelle aussi que je commençais a éviter de plus en plus les repas lors des nombreuses disputes entre mes parents. Ils se lançaient souvent des pics entre eux et je ne pouvais plus le supporter. Je me rappelle aussi certaines remarques de mon entourage qui m'avaient profondément blessée. J'avais vraiment l'impression de ne pas être aimée pour mon ensemble. J'étais considérée comme quelqu'un de gentille mais de ne pas assez bien physiquement. J'avais la sensation de leur faire honte. Ma mère me disait souvent que je ne faisais rien pour m'arranger, + jeune ma marraine refusait de me donner de la sauce pour que je ne prenne pas de poids, mon médecin généraliste ne voulait pas que les parents me donnent des boissons ou des bonbons etc... Je commençais donc dès mon plus jeune âge à prendre conscience de mon corps mais du mauvais côté. Je l'ai considéré comme un réel poids insurmontable. Je commençais a détester mon corps, mon image. Je ne voulais plus l'admettre faisant partie de moi. Je voulais me prouver / leur prouver que je pouvais maîtriser mon corps.

    - Je me demande aussi si je ne voulais pas devenir comme mon frère. J'avais l'impression que mon grand frère était bien + aimé que moi. Je le considérais supérieur. Il arrivait à faire tout ce dont j'étais incapable. J'avais l'impression que mes parents étaient fier de lui. Moi, je ne pouvais pas les rendre fier. Je ne faisais rien de bien. Mon frère a toujours été très mince. Je voulais peut-être lui ressembler. Peut-être. Pourtant, c'est l'une des seules choses pour lesquels mon frère se faisait engueuler. Il ne mangeait pas correctement. On lui répétait de manger pour ne pas avoir de problèmes de santé. Je ne mangeais pas. On ne me la jamais dit.Peut-être que j'avais besoin de + d'attention. Pourtant, ils m'ont toujours aimés.

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