• Guérir de l'anorexie

    Malheureusement, il n'y a pas de solutions miracles pour guérir de l'anorexie. Il faut déjà décider de guérir. Le vouloir réellement. Tant qu'on ne souhaite pas s'en sortir, on ne peut pas se sortir de ce cercle vicieux. Ne plus vouloir être anorexique. Prendre des risques. Décider de ne plus exprimer ses maux par son corps. Accepter son erreur. Accepter d'être un être humain. Accepter ses limites. Accepter de ne pas transmette le message qu'on souhaitait faire passer à la société. Prendre conscience qu'on doit s'en sortir seule. Et l'accepter. A force de volonté. Accepter de retourner dans la réalité. Une réalité si souvent niée. Cette réalité dont a tant voulu échapper. Accepter de ressentir à nouveau des besoins et des plaisirs. Essayer à tout prix aussi de trouver les raisons de son anorexie. Lire de nombreux bouquins sur les tca. Commencer à s'analyser réellement pour prendre réellement conscience de son anorexie. Réussir à comprendre les raisons de son anorexie.

    Dans mon cas, je voulais quelque chose d'impossible. Mon « rien » sera toujours trop. Je devais décider de vivre ou de mourir. De retrouver la faim ou de trouver la fin.
    Je devais choisir : Guérir ou rentrer dans une institution. Au fond de moi, je ne voulais pas inquiéter mes parents. J'entendais ma mère qui commençait à s'inquiéter. Je ne voulais pas. Au fond de moi, je voulais toujours cacher mon anorexie à ma famille. A vrai dire, je savais aussi que je refuserai de manger si je rentrais dans une institution. Oui. Guérir = ne plus avoir de problèmes. Ce n'était pas le cas. Pas du tout. Je n'aurais pas voulu donner raison au médecin. Je détestais la société. Les médecins en faisait partie. J'aurais fais le choix de transmettre mon message jusqu'au bout. c'était ma vision des choses. En tout cas.

    Enfin, je me sentais vraiment basculée. Je savais que je risquais de + en + ma vie. Je savais qu'il serait de + en + difficile pour me sortir de cette prison. Cette prison dont j'avais moi-même posé les barreaux. A présent, je devais trouver la clé « guérison ».

    Un défi : Guérir de ma dépendance. Guérir de mon anorexie tout en ayant conscience que guérir de mon anorexie ne voulait pas dire me sentir mieux. Cependant, J'acceptais de ne plus vouloir être anorexique. Me faire une raison. Personne ne connaîtra ma vérité. Mon mal être. (bien qu'à présent j'ai finalement réussi à en parler à certaines personnes et non à ma famille...).

    Toutefois, je tentais de reprendre du poids tout en ayant conscience que je pouvais redevenir anorexique après la réussite de mon défi. Je n'ai pas réussi du jour au lendemain. J'ai fais de nombreuses rechutes. A la moindre petite contrariété, je retombais dans l'anorexie. Je me forçais aussi à ne plus faire de sport. D'ailleurs, j'étais le plus souvent dans ma chambre, les rideaux fermés etc...Je continuais donc mon chemin solitaire. Je ne voulais toujours pas être vue. Dans ma chambre ou au cinéma. Rester dans l'obscurité.

    « Nous sommes juchés la tête en bas
    au bord de l'ennui
    Nous cherchons à atteindre la mort
    au bord d'une bougie
    Nous essayons de trouver quelque chose
    Qui nous a déjà trouvés »

    Au départ, je mangeais toujours la même chose. Je faisais encore très attention aux calories. J'avais besoin de prendre toujours un certain contrôle sur mon corps. Décider de faire ses propres repas (malgré le désaccord de mes parents). Petit à petit, j'essayais de me souvenir ce qui me faisait plaisir avant de devenir anorexique. J'essayais de remanger ses aliments au fur et à mesure. Comme avant. J'y arrivais un temps et je rechutais. Par tristesse. Je souffrais énormément de retourner dans la réalité. Je n'arrivais pas à quitter mon monde. Il était vraiment très dur de retourner dans cette réalité. Remanger aussi était extrêmement dur en soi. Mon estomac avait rétréci. Je ne pouvais pas, je ne pouvais plus manger comme avant. Recommencez. Encore. Encore et toujours. Se forcer. Gagner son propre défi.

    Je n'étais plus anorexique. Toutefois, je me sentais toujours très mal. Je me sentais encore + fragile. J'avais perdu toute forme d'expression. Je me sentais vide de sens. Je vivais d'une façon très solitaire. Je suis très vite devenue dépendante de ma nouvelle découverte : internet.
    Le point négatif : rester dans sa bulle. Chez soi.
    Le point positif : Communiquer pour la première fois ses sentiments. Parler pour la première fois de mes problèmes. Très vite je me suis mise en tête d'aider d'autres personnes atteintes d'anorexie. Tous les jours, je passais des heures a donner des conseils (que je ne suivais pas forcément mais je ne le disais pas). J'écoutais. J'étais toujours là. Pour eux. Pour moi.
    J'ai compris que je pouvais être un minimum utile dans ce monde. Je reprenais un minimum confiance en moi. Je pouvais aider les autres d'une façon ou d'une autre. Peut-être que je pouvais agir autrement. Autrement que par l'anorexie. J'ai fais de nouvelles rencontres. Je me suis forcée a rencontrer des personnes. Je ne le regrette pas. Je me forcais a faire comme si de rien était. J'avais changé. Je pouvais voir d'autres personnes sans faire attention à mon image. C'était faux. Toutefois, je voulais y croire.
    J'accordais enfin ma manière de pensée avec ma manière d'agir. Moins se détester. J'avais le droit de vivre. Je me donnais ce droit.. J'essayais de faire le moins de mal possible dans le monde. Je ne pouvais pas faire +. J'acceptais enfin mes limites. Je devais faire passer ce message d'une autre façon que par mon corps. Je devais faire passer un message d'une façon + saine et + efficace. En parallèle, la naissance de mon petit frère aussi ma sûrement beaucoup aidé...

    Actuellement, mon corps me rappel mon ex-anorexie. Je ne suis plus anorexique mais je ne l'oublie pas. Les traces sont là. Ineffaçables. Blocages.

  • Commentaires

    1
    ***
    Jeudi 19 Avril 2012 à 16:49
    réponse
    Bonjour, serait-il possible de parler de cela ? Je fais de l'anorexie depuis presqu'un an, et je crois que j'aurais besoin d'en parler...
    2
    Clémence
    Jeudi 27 Février 2014 à 19:18
    Merci
    J'essaie tant bien que mal de guérir de l'anorexie. Et tout ce que tu as écris, je suis en train de le vivre..
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