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Angel Angst

Je veux croire en des choses qui ne se touchent pas...

Raisons de mon anorexie | 04 novembre 2005

Je vais essayer d'expliquer les raisons de mon ex-anorexie. Je ne peux pas en être sûre. Ce sont des hypothèses. Par ailleurs, je sais que le déclenchement de mon anorexie débute par la mort d'un de mes proches. Je sais aussi que je suis toujours retombée dans l'anorexie ou les problèmes de nourriture à la mort d'un être vivant que j'aimais (et que j'aime toujours). Je m'en voulais. Je me sentais toujours responsable. Je ressentais une profonde haine envers moi même.

Je pense que j'étais anorexique pour les raisons suivantes :

- Le désir de la perfection : Je ne pouvais pas atteindre cette perfection. Cette idée m'était insupportable. Je ne voulais pas être tout à fait humaine. Je détestais mon impuissance.

- Le besoin d'exprimer ma souffrance. J'ai toujours été quelqu'un de très introvertie (à propos de mes sentiments). Je ne pouvais pas exprimer mes maux par des mots. J'ai donc choisie une autre forme d'expression corporelle : mon corps.
Je ne devais pas parler des problèmes familiaux à mes amis ou à mon entourage. Ma décision : Ne rien dire sur moi si je me sentais obligée de mentir sur une partie de ma vie. Je ne pouvais pas dire la moitié de ma vérité. Tout ou rien. Choix : Rien.

- Le tout ou rien. Le tout étant impossible. Je ne pouvais que choisir le rien. Le rien ne pouvait pas me décevoir. Enfin, c'est ce que je pensais en tout cas. Le problème c'est que finalement j'étais toujours trop vu que je ne pouvais pas atteindre ce « rien ». Je ne pouvais jamais être assez maigre vu que je souhaitais être « rien », Je ne voulais plus être un corps. Je voulais l'impossible. Je voulais l'absence de mon corps. Ce corps toujours trop pesant.

- Le refus d'être heureuse : Je ne pouvais pas être heureuse dans ce monde si cruel. Je ne voulais pas ressentir de la joie alors que la famine, la guerre, les inégalités etc... étaient si présente dans ce monde. Je voulais faire passer un message à la société de consommation. Je refusais la société. (Slave To The Wage)

- Le refus d'être heureuse à la suite de la mort des personnes de mon entourage. Je ne pouvais plus me permettre de ressentir un quelconque plaisir. J'aimais manger. Je ne le voulais plus.

"La réalité est ce qui nous
a été caché
si longtemps
la naissance le sexe la mort
nous sommes vivants quand nous rions
quand nous sentons le sang
affluer et jaillir
le sang est vrai dans sa rougeur
l'arc-en-ciel est vrai dans
son absence de sang" J.Morrison

- Le besoin d'oublier ma vie qui devenait insurmontable. J'avais besoin de me créer un autre moi. J'avais besoin de créer mon propre monde pour ne pas me suicider. Le besoin d'exister d'une façon ou d'une autre.

'Urgence d'en terminer avec le "dehors", en
l'absorbant, l'intériorisant. Je ne sortirai pas,
tu dois entrer jusqu'à moi. Jusqu'à mon jardin-matrice
d'où je regarde. D'où je peux construire, à l'intérieur
du crâne, un univers rival du réel." J.Morrison

- Le refus de la féminité. Le refus de grandir. Le refus du désir et du regard de l'autre. De mon propre désir et de mes propres besoins. Refus de manger, de dormir, du contact avec les autres. La peur de l'après. C'était comme un défi : montrer que mon esprit pouvait être au-dessus de mes propres besoins. Mon esprit devait être plus fort que mon corps. Prouver ma volonté et le besoin de contrôler mon corps sûrement pour avoir l'impression de contrôler ma vie. La peur du contact. Trop angoissant. Trop insécurisant. Trop.

- Une haine de soi. Physique mais aussi morale. Un grand manque de confiance en moi.

- Le besoin de me faire du mal. Peut-être pour ressentir quelque chose. Je ne pouvais pas être heureuse mais j'avais besoin de ressentir mon corps d'une façon ou d'une autre (paradoxalement) En hiver, j'étais souvent en tee-shirt par exemple pour sentir l'air frais sur mon corps. Je ne voulais pas admettre que j'aimais ressentir quelque chose sur mon corps. ce corps que je ne voulais pas considérer comme faisant partie de moi. Je pouvais me le permettre car je perdais réellement du poids en même temps. J'aimais aussi sentir la pluie. J'étais la seule avec une amie à crier, chanter etc...sous la pluie au moment des récrés. Un état un peu extrême. Sûrement.

- La place de la nourriture dans ma famille : La nourriture a toujours pris une place particulière dans ma famille. Manger « équilibrer » (à leur façon // que je ne considère pas du tout équilibré) était quelque chose d'extrêmement important. Les rôles étaient définis. Je n'avais pas le droit de manger ce que je voulais même si je donnais des raisons valables. Jamais justifiable pour eux en tout cas. J'avais vraiment l'impression de ne pas être écouté. De ne pas avoir droit à la parole. J'avais toujours aimé toute forme de nourriture avant de prendre conscience de certaines choses. Assez jeune. Je pensais sûrement + ou - inconsciemment que mes parents remarqueraient mon mal être si je ne mangeais plus ,et, enfin écouteraient mes propos. Je commençais à ressentir un profond dégoût de la nourriture. Je sais que je disais à mes parents que je ne voulais pas manger d'animaux. Depuis très jeune, j'avais compris le mal derrière tout ça. Malheureusement, ils refusaient de m'écouter. « ce ne sont que des histoires, ça passera avec le temps. Tu feras des choix quand tu grandiras ». Je n'avais pas le droit d'être moi.

- Je me rappelle aussi que je commençais a éviter de plus en plus les repas lors des nombreuses disputes entre mes parents. Ils se lançaient souvent des pics entre eux et je ne pouvais plus le supporter. Je me rappelle aussi certaines remarques de mon entourage qui m'avaient profondément blessée. J'avais vraiment l'impression de ne pas être aimée pour mon ensemble. J'étais considérée comme quelqu'un de gentille mais de ne pas assez bien physiquement. J'avais la sensation de leur faire honte. Ma mère me disait souvent que je ne faisais rien pour m'arranger, + jeune ma marraine refusait de me donner de la sauce pour que je ne prenne pas de poids, mon médecin généraliste ne voulait pas que les parents me donnent des boissons ou des bonbons etc... Je commençais donc dès mon plus jeune âge à prendre conscience de mon corps mais du mauvais côté. Je l'ai considéré comme un réel poids insurmontable. Je commençais a détester mon corps, mon image. Je ne voulais plus l'admettre faisant partie de moi. Je voulais me prouver / leur prouver que je pouvais maîtriser mon corps.

- Je me demande aussi si je ne voulais pas devenir comme mon frère. J'avais l'impression que mon grand frère était bien + aimé que moi. Je le considérais supérieur. Il arrivait à faire tout ce dont j'étais incapable. J'avais l'impression que mes parents étaient fier de lui. Moi, je ne pouvais pas les rendre fier. Je ne faisais rien de bien. Mon frère a toujours été très mince. Je voulais peut-être lui ressembler. Peut-être. Pourtant, c'est l'une des seules choses pour lesquels mon frère se faisait engueuler. Il ne mangeait pas correctement. On lui répétait de manger pour ne pas avoir de problèmes de santé. Je ne mangeais pas. On ne me la jamais dit.Peut-être que j'avais besoin de + d'attention. Pourtant, ils m'ont toujours aimés.

Publié par angelangst à 23:48:50 dans Requiem for a Dream | Commentaires (0) |

Si on me touche, je n'existe plus | 04 novembre 2005

Donna Williams "si on me touche, je n'existe plus"

Dans cette pièce aveugle où tu t'es cachée
En compagnie des ombres,
Tu sais qu'ILS ne t'oublient pas
et qu'ils viendront te chercher.
Ne demande pas pourquoi tu as le coeur brisé,
Ravale tes larmes et relève-toi.

Tu regardes l'autre monde passer
Du monde sous verre qui est le tien,
Et tu te crois en sécurité
Toi que personne ne peut toucher
Mais prends garde, il souffle un vent glacé
Dans les profondeurs de ton âme,
Et il sera déjà trop tard
Quand tu te croiras hors d'atteinte.

Fuis, ne t'arrête pas même si tu trébuches.
Contente-toi d'un signe d'adieu quand on passe près de toi.
Tous ces gens qui te sourient,
Et te prennent pour une enfant,
Ne songent même pas au mal qu'ils t'ont fait
Quand ils te voient pleurer.

Alors, suis ce conseil, crois-en un expert.
N'y réfléchis pas à deux fois, mais ouvre tes oreilles :
Cours te cacher dans les recoins de ton âme,
Retrouve la solitude,
Toi qui n'es personne nulle part.

Publié par angelangst à 23:48:12 dans Poèmes, Textes | Commentaires (0) |

Mélange présent / passé : | 04 novembre 2005

Aujourd'hui, je vais chercher mon petit frère à l'école. En maternelle. Dans la même école que la mienne à son âge. Direction sa classe : une petite fille métisse commence a crier son prénom. Elle le prend dans ses bras et lui fait un gros bisou. Je trouve ça très mimi.
Je me rappelle que mon premier petit copain à la maternelle était aussi un petit métis. Il m'attendait toujours pour se rendre à l'école. Je le sais car ma mère me la déjà raconté.
J'ai l'impression d'avoir des images dans ma tête. Toutefois, je pense que ce ne sont pas les vrais. Je m'invente des faux souvenirs car je n'arrive plus à avoir mes vrais souvenirs d'enfances. Ils se sont effacés.

En tout cas, je trouve que mon petit frère a beaucoup de points communs avec moi : il est né le même jour que moi, il a un côté impulsif qui me ressemblait beaucoup à l'époque etc...
Hier, il a vu une photo de moi petite et il m'a dit : « oh, c'est Lilian » en souriant. Il est trop chou.

Et moi, je me répète tout bas que je ferai tout ce que je peux pour qu'il ne connaisse pas ce que j'ai vécue. Pour qu'il s'accepte vraiment, pour qu'il vive sa vie à fond sans se faire du mal. Je veux me débrouiller pour qu'il soit heureux. Je ferai tout ce que je peux. Vraiment.
En maternelle, je n'avais pas de complexes, je vivais ma vie comme je l'entendais. Tout a tellement changé...A présent, rien est simple. Je complique tout. Involontairement.

J'aimerai aussi profondément que mes amis s'aiment comme ils sont. Malheureusement, j'ai l'impression encore une fois d'être impuissante face à tout ça. Je peux les écouter, les comprendre, essayer de leur montrer qu'ils se trompent sur eux-mêmes...Mais, je sais que ce n'est pas pour ça qu'ils se sentiront mieux... En tout cas, j'espère vraiment qu'ils y arriveront, et, le plus vite possible. Sincèrement.

"L'instant est béni. Tout le reste est souvenir." Jim Morrison.

Publié par angelangst à 23:47:31 dans Angel Angst | Commentaires (0) |

Elle deviendra ce qu'elle voudra...(Justine / Indochine) | 04 novembre 2005

Elle deviendra ce qu'elle voudra...(Justine / Indochine)
Justine s'initie au secret
Une fleur dans la bouche
Elle entrevoit sa destinée
Justine qui se couche
Elle s'ennuie à trembler les sourds
Et compte les abattus du jour tout bas
Justine touche l'émoi
Justine obéit
Aurait elle trahi ou subi
Justine saignera
Une lueur rouge caresse son corps
Ce n'est rien juste qu'une petite mort
Et c'est ici que tout finira
Au paradis elle aura tout ce qu'elle voudra
Par ici plus personne ne sait couvrir ses plaies
Elle sacrifie toutes ses envies à l'infini
Elle dort comme un château hanté
Justine qui se doute qu'un prince viendra la réveiller
Justine qui attend
Elle deviendra ce qu'elle voudra
Une fée, un ange, n'importe quoi et c'est ici que tout finira
Au paradis, elle aura ce qu'elle voudra
Par ici plus personne ne sait couvrir ses plaies
Elle sacrifie toutes ses envies à l'infini
Et c'est ici que tout finira
Au paradis, elle aura ce qu'elle voudra
Elle deviendra ce qu'elle voudra
Là-bas une fée, un ange, n'importe quoi ce qu'elle voudra...

Publié par angelangst à 22:10:19 dans Poèmes, Textes | Commentaires (0) |

Vis ma vie d'anorexique (chez moi durant les vacances) 2ème partie. | 04 novembre 2005

Tes parents te félicitent de prendre enfin soin de toi. Bien sûr, ils ne sont pas au courant de tout. Ils ne savent pas que tu n'as presque pas dormie, ils ne savent pas que tu n'as rien avalé de la journée, ils ne savent pas que tu as fait autant de sport pendant leur absence, ils ne savent pas à quel point tu ne sens plus tes jambes (ou au contraire trop) etc...

Ta mère te demande ce que tu veux manger. Tu lui réponds que tu n'as vraiment pas faim. Tu n'as jamais faim après le sport. Ils le savent. Ils ne s'inquiètent donc pas. Toutefois, tes parents t'obligeront à manger un peu. Une fois ton assiette à table. Tu te débrouilles pour retourner dans la cuisine. Tu prends une feuille de sopalin afin d'éliminer toute l'huile de la nourriture que tu peux. Tu reviens à table comme si de rien était. Tu manges ton plat avec un certain dégoût. Tu ne veux pas t'avouer que tu en ressens un certain plaisir. Tu ne veux pas l'apprécier. Tu ne penses qu'aux nombres de calories ingurgiter. Demain, tu devras en faire encore + pour les perdre.

D'ailleurs, tout ce qui vient de l'extérieur te dégoûte : tu ne supportes plus le moindre contact sur ta peau (à part de la nature), tu ne supportes plus la nourriture, tu ne supportes plus la moindre affection à ton égard (tu les trouves d'une profonde hypocrisie), tu ne supportes plus le regard des autres. Tu ne supportes plus cette vie. Tu veux mourir. Tu veux vivre. Ailleurs.

D'ailleurs, tu te fais souvent engueulée par ta mère. Tu ne l'embrasses jamais pour lui dire bonjour. Elle te répète que tu ne l'aimes pas. Elle te répète que tu es gentille que lorsque tu as besoin d'elle. Tu ne peux pas lui expliquer que le moindre contact t'effraie. Tu ne peux pas lui expliquer que tu es tout simplement incapable de l'embrasser. Tu cries. Elle crie. Tu attends d'être dans ta chambre pour t'effondrer et te traiter de tout les noms. En silence.

Tes parents te répètent souvent que tu as mauvais caractère. Tu t'énerves pour un rien. Ils te demandent d'arrêter de crier. Ils te demandent d'être de meilleure humeur. Ils ne comprennent donc pas que tu fais déjà un effort insurmontable pour ne pas t'effondrer. Pour ne pas pleurer toutes les larmes de ton corps. D'ailleurs, Tu essaies un maximum de ne pas le montrer. Tu essaies de sourire. Tu ris souvent à l'excès sans raison apparente. Toutefois, tu t'énerves aussi souvent à cause de ton côté impulsif. Tu ne sais pas exprimer tes maux par des mots. Tu caches ton corps qui est ton seul moyen d'expression. Il ne te reste plus qu'à crier pour un rien afin qu'on te montre un certain intérêt. Tu es incomprise. Tu détestes la vie. Tu l'envies.

Tu sors de table. Tu reprends une douche et l'ensemble du rituel. Parfois, ta mère te répète que tu es totalement tarée. Oui. Tu enfiles un sweat pour dormir. On se trouve pourtant en plein milieu de l'été. Tu ne comprends même plus pourquoi c'est aberrant. Tu te couches le plus tard possible. Si tu en sens encore la force, tu feras quelques pompes avant d'aller au lit. Tu ressens l'ensemble de ton corps. Tu souffres. Tu ressens les restes de ta journée. Tu as mal. Tu en ressens aussi un certain plaisir. Tu entretiens une relation masochiste avec ton propre corps.

Tu te surprends en train de pleurer. Pas à cause de ta douleur physique mais de ta douleur morale. Tu es seule. Personne ne connaît la vérité sur toi. Personne ne se rend compte que tu souffres. Tu caches tout. Tu rêves en secret de ton âme soeur. Le pire c'est que tu sais très bien que tu ne pourras jamais accepter le moindre contact. Par amour, tu refuseras tout type d'amour. Tu n'es pas quelqu'un de bien. Tu ne peux pas rendre quelqu'un heureux. Tu veux t'autodétruire en silence. Tu ne peux pas sortir avec quelqu'un que tu n'aimes pas. Tu ne peux pas non plus sortir avec quelqu'un que tu aimes. Tu ne seras jamais assez bien pour ça. Oui. Personne ne peut t'aimer. Personne. Tu détestes ton corps et tu refuses qu'on puisse le toucher. Tu te dégoûtes. Tu ne veux pas le ressentir. Tu ne veux pas que d'autres sentent ton corps. Tu es seule et tu devras le rester. Un point, c'est tout. Tu vis dans un monde qui n'existe pas.

Tu pleures et tu te dis tout bas : tu dois encore maigrir. Oui. Tu dois encore perdre du poids. Un maximum. Tout finira par s'arranger. Tu t'endors en comptant encore le nombre de calories, tu t'endors avec ton corps que tu ne supportes pas. Tu ne le frappes plus. Tu te recroquevilles sur toi même. Oui. Mais, tu dois encore maigrir. Pour ton bien. Maigries. C'est la seule solution. Quelqu'un finira par te venir en aide.

Au final, tu n'as jamais accepté l'aide de quelqu'un. Tu as toujours tout nier. Tu as juste décidé d'arrêter. De te lancer un nouveau défi : Combattre cette drogue interne. Combattre ton anorexie. Défi réussi.

Voilà, c'était une journée typique durant mon anorexie a proprement parler. J'étais une anorexique stricte. J'ai perdu environ 10 kilos durant ce même mois. Enfin, je n'en suis pas sûre. Mon anorexie elle même ma fait perdre la notion du temps de cette époque et de beaucoup de choses. Elle ne détruit pas que le corps. Aussi l'esprit.


"Mourir
Est un art comme les autres.
Je suis exceptionnellement douée
Je meurs pour aller en enfer
Je meurs pour me sentir réelle.
J'imagine que vous allez dire
que j'ai une vocation."
Sylvia Plath, Lady Lazare,1966.

Publié par angelangst à 22:09:27 dans Requiem for a Dream | Commentaires (1) |

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